Une soucca se juge à trois choses : ce qu’il y a au-dessus, ce qu’il y a autour, et ses dimensions. Le reste laisse beaucoup de liberté. Cette page reprend les chiffres et les règles telles que Torah-Box et ‘Habad les publient, et traite les cas qui bloquent le plus en ville.
Les dimensions minimales
Le guide pratique de Torah-Box donne la définition d’une soucca valable en une phrase :
Pour être valable (Cachère), la Soucca doit se trouver sous la voûte du ciel, être recouverte de branchage, roseaux ou herbes, avoir 70 cm de long sur 70 cm de large et 1 mètre de hauteur, minimum.
| Mesure | Minimum |
|---|---|
| Longueur | 70 cm |
| Largeur | 70 cm |
| Hauteur | 1 mètre |
Sur les parois, le même guide indique la forme retenue : « 2 cloisons et une 3ème de 8 cm au minimum », et y voit l’image d’un bras qui enlace – l’avant-bras, le bras, puis la main.
Mesures données par le guide pratique de Torah-Box. Une soucca qui n’atteint pas ces minima n’est pas valable ; au-delà, la taille est libre.
Voir le ciel : la règle qui décide de tout
On construira la Soucca que dans un endroit d’où l’on voit entièrement le ciel. Si quelqu’un l’a construite sur un balcon couvert, elle sera considérée comme « non-Cachère » pour la Mitsva. On devra faire aussi attention de ne pas la construire sous un arbre.
‘Habad le dit dans les mêmes termes : la soucca « doit être située à l’air libre, et non sous une terrasse ni même sous les branches d’un arbre ».
Le skhakh
Le toit doit être fait de matériaux non transformés qui ont poussé à partir du sol. Les tiges de bambou, les fines lamelles de bois et les branches de conifères sont couramment employés. […] Il faut utiliser suffisamment de skhakh pour que l’intérieur de votre soukkah ait plus d’ombre que de soleil.
Deux conséquences. Une bâche, une tôle, un panneau de plastique ne sont pas du skhakh : ce sont des matériaux transformés. Et un skhakh trop clairsemé, qui laisse passer plus de soleil que d’ombre, ne remplit pas son rôle.
Les parois
‘Habad : « Les murs peuvent être faits de n’importe quel matériau, à condition qu’ils soient solides et qu’ils ne s’agitent pas dans le vent. » Une structure du commerce en toile tendue, un mur de la maison, des panneaux de bois : tout entre dans le cadre, pourvu que ça tienne.
Qui doit y manger, qui doit y dormir
Depuis le 1er soir de fête et pendant toute la semaine, chaque instant dans la Soucca est une Mitsva ! Toute la famille y mangera tous les repas (obligation seulement pour les hommes). Et la coutume est d’y recevoir des invités. Si cela est possible, les hommes ont aussi l’obligation d’y dormir.
| Repas | Sommeil | |
|---|---|---|
| Hommes | obligation | obligation, si c’est possible |
| Femmes | toute la famille y mange ; l’obligation ne porte que sur les hommes | non visé par le texte cité |
| Invités | la coutume est d’en recevoir | – |
‘Habad précise ce que recouvre « un repas » : « plus de 60 g de céréales ».
Quand la construire
C’est une grande Mitsva de commencer dès la fin de Yom Kippour la construction de la Soucca, afin de sortir d’une Mitsva pour réaliser une autre Mitsva.
Trois cas particuliers sont traités par la source. Une soucca montée plus de trente jours avant la fête sans intention de la mitsva demande qu’on repose un peu de skhakh avant l’entrée de la fête en le disant. Qui n’a pas pu la monter à temps peut le faire pendant Hol Hamoed, et dira Chéhé’héyanou en s’y asseyant pour la première fois. Et une personne âgée qui n’en a pas la force désignera quelqu’un pour le faire en son nom, en le lui précisant, tout en participant si elle le peut – en posant un peu de skhakh, par exemple.
Quand on ne peut pas
Les sources envisagent le cas où la mitsva n’est pas exigible. Torah-Box vise celui qui « habite parmi les non-juifs et craint que des voleurs puissent s’introduire chez lui, s’il dort et mange dans sa Soucca » : il « sera exempt de la Mitsva ». La même logique s’étend à d’autres empêchements réels – la maladie, un lieu où l’on ne peut pas tenir. Mais la limite entre la gêne et l’empêchement est précisément ce qui se tranche au cas par cas : c’est une question pour votre rabbin, pas une case à cocher.
En appartement : les trois issues
Balcon découvert. La meilleure situation en ville. Attention à l’étage supérieur, qui couvre souvent le balcon en tout ou partie.
Balcon couvert. Ne convient pas, et rien de ce qu’on fait en dessous n’y change quoi que ce soit : ce qui manque, c’est le ciel.
Ni balcon ni jardin. « Celui qui n’a pas de balcon ou de jardin pourra construire sa Soucca dans la rue, près de sa maison, à condition qu’il veille à ne gêner aucunement les passants. »
Reste la soucca de la communauté. Torah-Box rappelle que « les responsables communautaires s’efforceront de construire une Soucca dans la synagogue », d’autant plus pour la veillée de Hocha’ana Rabba. Un appel avant de se déplacer évite le déplacement inutile.
Le loulav dans la soucca
Les quatre espèces se prennent le matin, et rien n’impose de le faire dans la soucca : à la synagogue, les Hocha’anot se disent avec le loulav entre le Hallel et la lecture de la Torah. Ce qui se passe dans la soucca, ce sont les repas et le sommeil. Le détail du geste est sur la page loulav et étrog.
Décorer
Afin d’honorer ce lieu de fête, on a coutume de décorer joliment l’intérieur avec des images, dessins ou objets.
Sources
- Torah-Box – Guide pratique de Souccot 5787 (PDF, 12 pages)
- Torah-Box – La Mitsva de construire la Soucca
- ‘Habad – Qu’est-ce qu’une Soukkah
Tout ce qui y figure est repris mot pour mot de Torah-Box ou de ‘Habad, avec le lien vers
la source. Les usages diffèrent entre communautés séfarades et ashkénazes, entre Israël et
la diaspora, et d’une famille à l’autre. Pour votre cas – une soucca dont vous doutez, un
loulav abîmé, un travail que vous ne pouvez pas reporter, une dispense – la réponse
appartient à un rabbin compétent, pas à une page web. En cas de doute, demandez avant d’agir.



