Les jeûnes du calendrier
Six jeûnes s’ajoutent à Yom Kippour dans l’année juive : Tsom Guedalia, le 10 Tevet, Ta’anit Esther, le jeûne des premiers-nés, le 17 Tamouz et le 9 Av. Chacun a une date fixe dans le mois hébraïque (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 549:1 ; 686:2 ; 470:1), déplacée selon des règles propres quand elle tombe un Chabbat.
Les prochains jeûnes à Paris
| Jeûne | Date | Début | Fin |
|---|---|---|---|
| Jeûne du 10 Tevet | 20 décembre 2026 10 Tevet 5787 | 6 h 56 aube | 17 h 51 |
| Jeûne d’Esther | 22 mars 2027 13 Adar II 5787 | 5 h 15 aube | 19 h 53 |
| Jeûne des premiers-nés | 21 avril 2027 14 Nissan 5787 | 5 h 01 aube | 21 h 43 |
| Jeûne du 17 Tamouz | 22 juillet 2027 17 Tamouz 5787 | 3 h 53 aube | 22 h 43 |
| Ticha Beav (9 Av) | 12 août 2027 9 Av 5787 | 21 h 13 la veille | 22 h 06 |
| Jeûne de Guedalia | 4 octobre 2027 3 Tichri 5788 | 6 h 20 aube | 20 h 11 |
| Yom Kippour | lundi 11 octobre 2027 | Horaires sur la page de Yom Kippour (le jeûne commence la veille, avant l’allumage). | |
Aube : soleil à 16,1° sous l’horizon ; fin : tombée de la nuit (soleil à 8,5°), comme sur nos pages d’horaires. Les usages de fin de jeûne varient selon les communautés.
Les jeûnes cités par Zacharie
Zacharie nomme les jeûnes des quatrième, cinquième, septième et dixième mois (Zacharie 8:19) : 17 Tamouz, 9 Av, 3 Tichri et 10 Tevet (Michné Torah, Lois des jeûnes 5:4). Pour ces jeûnes, hors 9 Av, toilette, onctions, chaussures et relations conjugales restent permises, et l’on n’a pas à cesser de manger dès la veille au jour (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 550:2). On peut manger la nuit précédente jusqu’à l’aube, sauf si l’on s’est endormi sans avoir posé cette condition (564:1). Selon le Rema, les femmes enceintes ou qui allaitent et souffrent beaucoup ne jeûnent pas ; même sans souffrance elles n’y sont pas obligées, l’usage étant d’être strict (550:1). Un malade sans danger est à plus forte raison dispensé (Michna Beroura 550:4).
Tsom Guedalia (3 Tichri)
Ce jour rappelle l’assassinat de Guedalia ben A’hikam, dont la mort éteignit la dernière braise d’Israël et rendit l’exil complet (Michné Torah, Lois des jeûnes 5:2). Si le 3 Tichri tombe un Chabbat, le jeûne est repoussé au dimanche (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 550:3).
10 Tevet
Ce jour-là, Nevoukhadnetsar, roi de Babel, mit le siège devant Jérusalem (Michné Torah, Lois des jeûnes 5:2). Selon le calendrier fixe, le 10 Tevet ne tombe jamais un Chabbat ; s’il tombe un vendredi, on jeûne ce vendredi (Michna Beroura 550:8 et 550:10 ; Michné Torah 5:5).
Ta’anit Esther (13 Adar)
Ce jeûne rappelle les jeûnes de l’époque de Haman mentionnés dans le livre d’Esther (Esther 9:31 ; Michné Torah, Lois des jeûnes 5:5). Si le 13 Adar tombe un Chabbat, on l’avance au jeudi 11 Adar (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 686:2 ; Michné Torah, Lois des jeûnes 5:5). Pour le Rema, ce jeûne n’est pas une obligation : on est indulgent pour une femme enceinte ou qui allaite et pour un malade sans danger, mais les bien-portants ne se séparent pas de la communauté (686:2).
Jeûne des premiers-nés (14 Nissan)
La veille de Pessah, les premiers-nés de père ou de mère jeûnent (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 470:1), en souvenir du miracle qui les a épargnés lors de la plaie des premiers-nés (Michna Beroura 470:1). Si la veille de Pessah tombe un Chabbat, certains avancent le jeûne au jeudi, d’autres ne jeûnent pas ; le Rema retient le premier avis (470:2). Celui qui a mal à la tête ou aux yeux n’a pas à jeûner (Michna Beroura 470:2). Manger à un repas de mitsva dépend de l’usage des lieux ; la Michna Beroura rapporte que beaucoup de lieux de sa région permettent aux premiers-nés de se joindre au repas d’un siyoum (Michna Beroura 470:10).
17 Tamouz
Cinq malheurs sont liés à ce jour : les Tables furent brisées, le sacrifice perpétuel cessa, une brèche fut ouverte dans la ville, Apostemos brûla la Torah et une idole fut placée dans le Sanctuaire (Michna Ta’anit 4:6). À l’époque du premier Temple, la brèche eut lieu le 9 Tamouz (Jérémie 39:2) ; on jeûne pourtant le 17, date de celle du second, dont la destruction est tenue pour plus grave (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 549:2). S’il tombe un Chabbat, le jeûne est repoussé au dimanche (550:3).
9 Av
Ce jour-là fut décrété que la génération du désert n’entrerait pas dans le pays, les deux Temples furent détruits, Betar fut prise et la ville fut labourée (Michna Ta’anit 4:6). Le jeûne commence la veille : la nuit est comme le jour, on ne mange que tant qu’il fait jour, et le crépuscule est déjà interdit (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 553:2). Outre le manger et le boire, sont interdits la toilette, les onctions, le port des chaussures et les relations conjugales, ainsi que l’étude de la Torah hors des passages de deuil (554:1). S’il tombe un Chabbat, il est repoussé au dimanche (550:3), et l’on cesse de manger avant la nuit (552:10). Femmes enceintes et qui allaitent jeûnent jusqu’au bout (554:5). L’accouchée pendant trente jours et le malade qui a besoin de manger mangent sans qu’on ait à évaluer le danger. Pour l’accouchée, le Rema rapporte l’usage de jeûner tant qu’elle ne souffre pas beaucoup, l’indulgent ne perdant rien (554:6) ; la Michna Beroura réserve cet usage à la période qui suit les sept premiers jours (Michna Beroura 554:13).
Yom Kippour, à part
Yom Kippour, le 10 Tichri, est le jeûne prescrit par la Torah elle-même (Lévitique 23:27).
Heures de début et de fin
Sur nos pages d’horaires, la tombée de la nuit est calculée avec le soleil à 8,5° sous l’horizon. Le Choulhan Aroukh fixe la fin du jeûne à la sortie des étoiles, quand on voit trois étoiles moyennes (Ora’h ’Haïm 562:1). Les usages sur le moment exact de la fin du jeûne varient d’une communauté à l’autre : renseignez-vous auprès de votre rabbin.
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Dates calculées avec la bibliothèque libre Hebcal (@hebcal/core) ; heures calculées pour la ville indiquée. Règles citées avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.



