Loulav et étrog : choisir, lier, bénir, agiter

Quatre espèces, prises ensemble, chaque jour de Souccot sauf le Chabbat, le jour et non la nuit : un loulav, un étrog, trois hadassim, deux aravot. Cette page donne les critères pour les choisir, la manière de les lier, le texte des bénédictions et l’ordre des six directions.

En 2026, on ne les prend pas le premier jour. Le samedi 26 septembre est un Chabbat. La première prise a lieu le dimanche 27 septembre au matin, et c’est ce jour-là qu’on dit Chéhé’héyanou.

Choisir : les critères, espèce par espèce

Le guide pratique de Torah-Box publie une fiche à emporter chez le vendeur. La voici, reprise telle quelle :

Étrog (cédrat)

Couleur jaune de préférence ; sinon vert
Peau sans trou, ni morceau de peau ou de chair manquant. Pas fendue, sèche, pelée, ni trop molle
Partie supérieure sans point noir sur la pointe et l’inclinaison supérieure
Forme pyramidale : large en bas, plus étroite en haut
Pointe s’il possède une pointe (Pitom), elle ne devra pas être cassée

Loulav (palmier dattier)

Branche centrale la feuille centrale de la pointe ne doit pas être séparée en 2 parties ; qu’elle soit fermée
Pointe entière et pas coupée
Fraîcheur pas desséché
Taille longueur minimale : 40 cm
Forme le plus rectiligne possible

Hadass (myrte) – 3 branchettes

Feuilles doivent avoir poussé d’un même point donné sur la branche, par groupe de 3, sur la moitié de la longueur
Fraîcheur pas desséché, ne doit pas s’effriter
Taille minimum 24 cm ; de préférence 30 cm

Arava (saule) – 2 branchettes

Forme des feuilles allongée, et pas arrondie
Contours lisses, et pas en « dents de scie »
Taille minimum 24 cm ; de préférence 30 cm

Assurez-vous que les « 4 espèces » soient sous contrôle d’une autorité rabbinique compétente.

L’étrog en détail

Torah-Box en nomme les parties :

Le Étrog se présente ainsi : le ‘Hotem (le nez – c’est-à-dire la partie haute du fruit qui descend en pente), la Pitma ou le Dad (la tige du dessus), la Chochana (la fleur qui est au dessus de la Pitma), et le ‘Okèts (la queue en dessous du Étrog. C’est cette partie qui est reliée à l’arbre). On doit saisir le Étrog droit, de la façon dont il grandit sur l’arbre, c’est-à-dire le ‘Hotem vers le haut et le ‘Okèts vers le bas.

Chochana, la fleur Pitma ou Dad, la tige ‘Hotem, le nez ‘Okèts, la queue tenu ‘Hotem vers le haut

La pointe, le pitom

Deux passages de Torah-Box à mettre côte à côte, car ils ne disent pas la même chose du même cas :

S’il possède une pointe (Pitom), elle ne devra pas être cassée. (fiche de choix du guide pratique)

S’il y a une tâche sur la Pitma, le Étrog reste « Cachère ». Ce qui est le cas, même si la Pitma entière venait à tomber. (Maharcham, ‘Hatam Sofer, etc) (page « bien choisir son Étrog »)

La distinction ne se devine pas depuis une page web : un étrog qui n’a jamais eu de pitom n’est pas dans la même situation qu’un étrog dont le pitom s’est cassé. Si le vôtre est concerné, montrez-le.

Les taches, l’étrog Ménoumar

Ménoumar, cela veut dire que s’y trouvent des tâches noires, ou blanches, ou rouges ou bien marron. Et même s’il n’y en a que deux petites, il est inapte dans la mesure où elles se trouvent dans deux endroits différents. […] Il faut apercevoir ces couleurs lorsqu’on se saisit de l’Étrog. Par contre, si pour les voir, il faut regarder avec minutie, ou bien avec une loupe, l’Étrog reste apte à la Mitsva.

Monter son loulav

L’agencement rapporté au nom du Maguen Avraham : le loulav posé droit, feuilles face à soi, nervure en dessous ; un hadass à droite, un à gauche, le troisième au milieu penchant vers la droite ; une arava sur le hadass de droite, l’autre sur celui de gauche.

loulav hadass du milieu, penché à droite aravaarava hadasshadass deux nœuds,l’un au-dessus de l’autre au moins un téfa’h – 8 cm – de nervure visible

La meilleure manière d’accomplir la Mitsva est de lier les Hadassim et les ‘Aravot avec le Loulav à l’aide de deux nœuds, l’un au-dessus de l’autre, et d’utiliser pour ce faire quelques feuilles du Loulav, qu’on aura arrachées en dessous du niveau des nœuds.

Une mesure : « il faut veiller à ce que soit visible sous les Hadassim et les ‘Aravot toujours au moins un Téfa’h (8 cm) de la nervure du Loulav ».

On liera les espèces avant l’entrée de la fête, afin de ne pas faire de nœud pendant Yom Tov. Toutefois, si l’on n’a pas pu le faire à ce moment-là, il sera possible de les attacher pendant Yom Tov en faisant un nœud coulant.

Les bénédictions

On prend le loulav lié de la main droite, nervure centrale face à soi, debout :

Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Ha’olam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Nétilat Loulav

Et, le premier jour où l’on accomplit la mitsva – cette année le dimanche 27 septembre :

Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Ha’olam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Vehigui’anou Lazémane Hazé

Immédiatement après, on saisit l’étrog de la main gauche, on le rapproche du loulav, et on agite l’ensemble.

Le sens dans lequel on les tient

On fera attention, lorsque l’on saisit les quatre espèces que les racines soient vers le bas et la tête vers le haut [de même pour le Étrog, dont le ‘Hotem devra être en haut]. Si on a inversé le sens, on ne s’est pas acquitté de son obligation d’accomplir la Mitsva.

C’est l’erreur la plus fréquente, et elle annule la mitsva. Torah-Box explique pourquoi elle est tentante : sur l’arbre, un étrog mûr pend le ‘Hotem vers le bas, « comme tous les fruits lourds ». Le réflexe naturel est donc le mauvais.

Les na’anouïm : six directions

Schémas numérotés, ordre séfarade et ashkénaze, geste et moments du Hallel : comment agiter le loulav.

Après avoir prononcé la bénédiction, avec dans la main gauche le Étrog et dans la main droite le Loulav, tous deux rapprochés l’un de l’autre, on se tournera vers le Sud et on les « agitera » trois fois, c’est-à-dire qu’on les fera aller et venir à trois reprises en les ramenant vers la poitrine. Ensuite, on se tournera vers le Nord et on agira de même. Puis, on se dirigera vers l’Est pour en faire autant. On tendra les bras vers le haut et on les fera de nouveau aller et venir trois fois dans la direction de la poitrine. Ensuite, on descendra les bras et on agira de façon identique. Enfin, on se tournera vers l’Ouest pour répéter le même geste.

sudnord estouest Dans l’ordre 1. sud2. nord3. est 4. vers le haut5. vers le bas6. ouest trois allers-retours vers la poitrine, à chaque direction

Lorsqu’on « agitera » le bouquet vers le bas, il faudra veiller à ne pas retourner les quatre espèces la tête en bas, mais continuer à les tenir de la manière dont ils poussent. Ce sont juste les mains qui se dirigent vers le bas.

Le guide ajoute une réserve qui compte : on agite dans ces six directions « sauf si la coutume de votre synagogue est différente ». Torah-Box note aussi que tout le monde ne sait pas où sont les points cardinaux, et que certaines synagogues les affichent sur leurs murs.

Le Chabbat

On « n’agitera » pas le Loulav pendant Chabbath, même si c’est le premier jour de la fête et que la Mitsva de Loulav est alors une obligation de la Torah. Les ‘Hakhamim l’ont interdit de peur que quelqu’un puisse se tromper et sortir avec le Loulav dans le domaine public sur une distance de quatre Amot (environ deux mètres) et transgresse ainsi l’interdiction de la Torah de porter pendant Chabbath.

On ne prononce la bénédiction « Chéhé’héyanou » que le premier jour de la fête. Si celui-ci tombe un Chabbath, dans la mesure où l’on n’accomplit pas la Mitsva de Loulav le Chabbath, on prononcera cette bénédiction le deuxième jour.

Les garder frais toute la semaine

Le loulav, les hadassim et les aravot s’emballent « dans une serviette humide » ou se placent « dans un étui hermétique ». L’étrog se garde dans un coffret, au titre du verset « C’est mon D.ieu, et je veux L’embellir ».

Sources

Cette page est indicative, elle n’a pas valeur de décision halakhique.
Tout ce qui y figure est repris mot pour mot de Torah-Box ou de ‘Habad, avec le lien vers
la source. Les usages diffèrent entre communautés séfarades et ashkénazes, entre Israël et
la diaspora, et d’une famille à l’autre. Pour votre cas – une soucca dont vous doutez, un
loulav abîmé, un travail que vous ne pouvez pas reporter, une dispense – la réponse
appartient à un rabbin compétent, pas à une page web. En cas de doute, demandez avant d’agir.

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