Kippa : pourquoi la porter et comment elle tient
La kippa (kipa, yarmulke en yiddish) est la petite calotte que portent les hommes juifs pour garder la tête couverte. Aucun verset ne la prescrit : c’est un usage rapporté par le Talmud, devenu règle dans le Choulhan Aroukh, qui traduit la conscience que D.ieu se tient au-dessus de soi (Kiddouchin 31a ; Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 2:6).
La kippa en bref
- Qui : les hommes et les garçons ; on habitue les enfants dès le plus jeune âge (Kitsour Choulhan Aroukh 3:6).
- Quand : en permanence selon l’usage répandu ; on ne dit pas de paroles saintes tête nue (Kitsour Choulhan Aroukh 3:6), et certains demandent de ne pas entrer tête nue à la synagogue (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:3).
- Quoi : une kippa, un chapeau ou une casquette ; un chapeau compte comme couverture, mais la main posée sur sa propre tête ne compte pas (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:4).
- Couleur, tissu, taille : aucune règle, ce sont des usages de communauté.
Kippa : définition et vocabulaire
Le mot hébreu kippa (pluriel kippot) désigne une coupole, un dôme : la forme de la calotte posée sur le sommet du crâne. Les communautés ashkénazes l’appellent aussi yarmulke, et les francophones disent parfois « calotte ». On parle de kippa srouga pour la kippa tricotée ou crochetée, de kippa en velours, en tissu ou en cuir. Le mot ne désigne pas un objet de culte : il n’y a ni bénédiction à réciter en la mettant, ni forme obligatoire. Ce qui compte, c’est que la tête soit couverte.
Quelle est l’origine de la kippa ?
La Torah écrite ne parle pas de couvrir la tête des hommes en dehors des vêtements du Cohen. L’usage vient du Talmud. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, ne faisait pas quatre coudées tête nue et expliquait : « La Présence divine est au-dessus de ma tête » (Kiddouchin 31a). Ailleurs, la mère de Rav Na’hman bar Its’hak dit à son fils : « Couvre ta tête, pour que la crainte du Ciel soit sur toi » (Chabbat 156b).
Le Choulhan Aroukh en fait une règle : on ne marche pas quatre coudées (amot) tête découverte (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 2:6). Le Michna Beroura rapporte que certains n’y voyaient une obligation que pour les plus scrupuleux, puis cite le Taz, pour qui, à notre époque, rester tête nue est interdit par la loi même assis chez soi (Michna Beroura 2:11).
Pourquoi porter la kippa ?
Les deux passages du Talmud donnent le sens : se rappeler en permanence qu’on se tient devant D.ieu, et installer en soi la crainte du Ciel (yirat Chamayim). La kippa sert de rappel physique, à chaque instant, que les gestes du quotidien comptent. Avec le temps, elle est aussi devenue un signe visible d’appartenance au peuple juif, souvent le premier qu’on remarque. Elle accompagne les autres mitsvot du corps, comme les tefillin du matin, sans les remplacer.
Qui doit porter la kippa ?
L’usage concerne les hommes et les garçons. Le Kitsour Choulhan Aroukh demande d’habituer les petits enfants à couvrir leur tête pour que la crainte du Ciel soit sur eux, en citant l’histoire de Rav Na’hman bar Its’hak (Kitsour Choulhan Aroukh 3:6 ; Michna Beroura 2:11). Ces textes ne fixent pas d’âge de début : beaucoup de familles mettent une kippa à leur fils dès qu’il marche, bien avant la bar mitsva.
Pour les femmes mariées, la question relève d’une autre règle, celle de la couverture des cheveux, qui a ses propres sources et ses propres usages ; on la traite avec un rabbin. Un visiteur non juif n’a aucune obligation, mais la plupart des synagogues demandent à tout homme qui entre de se couvrir la tête par respect du lieu, et prêtent une kippa à l’entrée.
Quand porter la kippa ?
L’usage répandu est de la garder toute la journée. Le Michna Beroura ajoute qu’une conduite de piété consiste à ne pas se découvrir même pour moins de quatre coudées, et même en dormant (Michna Beroura 2:11). Pour les moments de sainteté, les textes sont plus stricts : certains décisionnaires interdisent de prononcer le Nom divin tête nue, et d’autres demandent qu’on n’entre pas à la synagogue sans se couvrir (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:3), et le Kitsour Choulhan Aroukh interdit de dire une parole sainte tête nue (Kitsour Choulhan Aroukh 3:6). La prière, les bénédictions, le Birkat Hamazone, l’étude et le Kiddouch du Chabbat se font donc tête couverte. Pour un cas précis (travail, sport, lieu où l’on préfère ne pas être identifié), la décision revient à son rabbin.
Comment tient la kippa ?
La kippa se pose sur le sommet du crâne ou un peu en arrière. Une kippa en velours ou en tissu, assez profonde, tient souvent par son seul poids. Pour les autres, on la fixe avec une ou deux petites pinces à cheveux (barrettes) glissées sous le bord, ou avec un clip cousu à l’intérieur. Pour mettre une kippa : la placer bien à plat, bord arrière au-dessus de la nuque, puis pincer quelques cheveux de chaque côté.
Sans cheveux, la pince n’a pas de prise. On trouve alors plusieurs solutions : des pastilles adhésives ou antidérapantes vendues pour cet usage, une kippa plus grande qui épouse la forme du crâne, ou un chapeau ou une casquette, qui couvrent la tête tout autant (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:4 : un chapeau tressé compte comme couverture).
Quelle couleur de kippa choisir ?
La halakha ne fixe ni couleur, ni tissu, ni taille. Les différences sont des usages : kippa noire en velours ou en tissu dans beaucoup de yéchivot et de milieux ’harédim, kippa srouga colorée dans le sionisme religieux, kippa blanche que certains réservent aux fêtes ou aux mariages, kippa marquée au nom du bar mitsva ou des mariés, distribuée aux invités. Le choix suit souvent la communauté où l’on prie. Pour les usages propres à chaque rite, voir notre page séfarades et ashkénazes.
Questions fréquentes
Qui doit porter la kippa ?
Les hommes et les garçons juifs, les enfants étant habitués dès le plus jeune âge (Kitsour Choulhan Aroukh 3:6). Pour les femmes mariées, la couverture des cheveux relève d’une autre règle.
Quelle est l’origine de la kippa ?
Le Talmud : Rav Houna ne marchait pas quatre coudées tête nue, car « la Présence divine est au-dessus de ma tête » (Kiddouchin 31a). Le Choulhan Aroukh en a fait une règle (Ora’h ’Haïm 2:6).
La kippa est-elle une obligation de la Torah ?
Non, aucun verset ne la prescrit. C’est un usage talmudique devenu règle ; le Michna Beroura cite le Taz, pour qui il faut aujourd’hui rester couvert même chez soi (Michna Beroura 2:11).
Quelle couleur de kippa ?
N’importe laquelle : aucune règle ne fixe la couleur. Le noir, le blanc ou la kippa srouga reflètent des usages de communauté.
Comment porter la kippa quand on est chauve ?
Avec des pastilles adhésives prévues pour cela, une kippa plus grande qui épouse le crâne, ou un chapeau, qui compte comme couverture (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:4).
Peut-on prier en posant la main sur sa tête ?
Non : sa propre main ne compte pas comme couverture (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 91:4). Mieux vaut emprunter une kippa à la synagogue.
Mis à jour le 29 septembre 2026.
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Règles et usages cités avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.



