Hanoukia et menorah : pourquoi 9 et 7 branches
La menorah est le chandelier à sept branches du Temple ; la hanoukia est le chandelier de Hanouka, avec huit lumières alignées et une neuvième à part, le chamach, qui sert à allumer les autres. La première vient de la Torah (Exode 25:31-37), la seconde commémore le miracle de l’huile au temps des ’Hachmonaïm (Chabbat 21b).
Menorah ou hanoukia : les différences
| Menorah du Temple | Hanoukia | |
|---|---|---|
| Lumières | 7 (Exode 25:37) | 8, plus le chamach |
| Origine | Torah (Exode 25:31-32) | Rabbins, après le miracle de Hanouka (Chabbat 21b) |
| Qui allume | Aharon et ses fils, les Cohanim (Exode 27:21) | Chaque foyer, à la maison |
| Quand | Chaque soir, dans le Sanctuaire | Les huit soirs de Hanouka |
| Copie autorisée ? | Non, pas à sept branches (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 141:8) | Oui, huit branches sont permises |
Menorah : définition
Menorah (menora, ménorah) signifie « lampe, chandelier » en hébreu. Dans la Torah, c’est l’objet précis que Moché reçoit l’ordre de faire pour le Sanctuaire : un chandelier d’or pur, martelé d’une seule pièce, avec ses coupes, ses boutons et ses fleurs (Exode 25:31). Six branches partent de ses côtés, trois d’un côté et trois de l’autre (Exode 25:32), ce qui donne avec la tige centrale sept lampes (Exode 25:37). Les Cohanim l’allumaient avec de l’huile d’olive pure, du soir au matin (Exode 27:20-21). Aujourd’hui, le mot désigne aussi, surtout en anglais (« Hanukkah menorah »), le chandelier de Hanouka, d’où la confusion.
Pourquoi un chandelier à 7 branches ?
Parce que la Torah le prescrit ainsi : six branches latérales et un fût central, soit sept lampes (Exode 25:32 et 25:37). Le texte ne donne pas de raison ; les commentateurs en proposent plusieurs, mais la halakha retient la forme elle-même. Cette forme est réservée au Temple : le Talmud interdit de fabriquer un chandelier à sept branches semblable à celui du Sanctuaire, même dans un autre métal, et permet ceux de cinq, six ou huit branches (Mena’hot 28b ; Roch Hachana 24a-b). Le Choulhan Aroukh reprend cette règle, même sans les coupes, les boutons et les fleurs (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 141:8). Le chandelier à sept branches s’appelle donc simplement la menorah, celle du Temple.
Pourquoi une hanoukia à 9 branches ?
Le Talmud rapporte qu’en reprenant le Temple, les ’Hachmonaïm n’ont trouvé qu’une fiole d’huile pure, scellée du sceau du Grand Prêtre, de quoi allumer la menorah un seul jour ; un miracle la fit brûler huit jours, et l’année suivante on fixa huit jours de fête à partir du 25 Kislev (Chabbat 21b). D’où huit lumières. Selon Beit Hillel, on en allume une le premier soir et on en ajoute une chaque soir (Chabbat 21b ; Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 671:2).
La neuvième branche, le chamach (« serviteur »), vient d’une autre règle : il est interdit de profiter de la lumière de Hanouka, même pour étudier (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 673:1). On ajoute donc une lumière à part, pour que l’éclairage dont on se sert soit le sien. Le Rema précise que l’usage ashkénaze est d’utiliser comme chamach la bougie qui allume les autres, placée un peu plus haut ou plus loin (Rema sur Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 673:1).
Comment faire une hanoukia ?
N’importe quel matériau convient. Un récipient en terre cuite non vernissée qui a déjà servi une nuit est considéré comme usé ; le métal, le verre ou la céramique émaillée n’ont pas ce problème (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 673:3). Les règles de forme sont peu nombreuses :
- les lumières sont alignées en rang droit, pas en cercle, sinon l’ensemble ressemble à un feu de camp (Rema, Ora’h ’Haïm 671:4) ;
- chaque flamme reste bien séparée de sa voisine ; on ne colle pas deux bougies ensemble (Rema, Ora’h ’Haïm 671:4) ;
- le chamach se distingue des huit autres, plus haut ou à l’écart (Rema, Ora’h ’Haïm 673:1) ;
- l’huile d’olive est préférable ; à défaut, des bougies à la lumière claire conviennent (Rema, Ora’h ’Haïm 673:1).
Où et comment allumer la hanoukia ?
La place prévue par le Choulhan Aroukh est à l’entrée, dans le tefa’h le plus proche de la porte, du côté gauche en entrant, pour que la mezouza soit à droite et la lumière de Hanouka à gauche (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 671:7) ; le Rema note que, même depuis qu’on allume à l’intérieur, l’usage de la porte s’est maintenu (Rema, Ora’h ’Haïm 671:7). On la pose à plus de trois téfa’him du sol, et de préférence à moins de dix (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 671:6). On ajoute chaque soir la nouvelle lumière à gauche et l’on commence par elle, puis on continue vers la droite (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 676:5). Les lumières doivent brûler au moins une demi-heure (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 672:2). Chez les séfarades, on allume une hanoukia par foyer ; chez les ashkénazes, chaque membre de la famille allume la sienne (Choulhan Aroukh et Rema, Ora’h ’Haïm 671:2). Les bénédictions sont sur notre page prière de Hanouka, et les dates sur la page Hanouka.
Questions fréquentes
Pourquoi menorah à 9 branches ?
Ce n’est pas une menorah du Temple mais une hanoukia : huit lumières pour les huit jours du miracle de l’huile (Chabbat 21b), plus le chamach, qui sert à allumer et dont on utilise la lumière si l’on vient à profiter de l’éclairage (Rema, Ora’h ’Haïm 673:1).
Comment s’appelle le chandelier à 7 branches ?
La menorah, chandelier d’or du Tabernacle puis du Temple (Exode 25:31-37).
Pourquoi un chandelier à 7 branches ?
La Torah prescrit six branches latérales et un fût central, soit sept lampes (Exode 25:32 et 25:37). On n’en fabrique pas de copie à sept branches (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 141:8).
Comment faire une hanoukia ?
Huit lumières alignées en rang, bien séparées, et un chamach distinct (Rema, Ora’h ’Haïm 671:4 et 673:1). Le matériau est libre.
Peut-on allumer Hanouka sur un chandelier à 7 branches ?
Ce n’est pas l’objet prévu : le dernier soir demande huit lumières et le chamach, et l’on ne fabrique pas de chandelier à sept branches sur le modèle du Temple (Mena’hot 28b). Pour un cas précis, demander à son rabbin.
Hanoukia, hanoukkia, menorah de Hanouka : quelle différence ?
Aucune : ce sont des graphies et des noms du même chandelier de Hanouka.
Mis à jour le 29 septembre 2026.
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Règles et usages cités avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.



