La mezouza : ce qu’elle contient et pourquoi on l’embrasse

La mezouza (mezuzah) est un parchemin sur lequel un scribe a écrit à la main deux passages de la Torah, dont le Chema Israël. On la fixe au montant droit des portes d’une maison juive, pour accomplir le verset « tu les écriras sur les montants de ta maison et sur tes portes » (Devarim 6:9). À chaque passage, elle rappelle l’unicité de D.ieu et l’engagement à vivre selon la Torah.

La mezouza en bref

Que signifie le mot « mezouza » ?

En hébreu, mezouza veut dire « montant de porte ». Le verset parle des « mezouzot de ta maison », c’est-à-dire de ses montants (Devarim 6:9 et 11:20). Par extension, le mot désigne le parchemin fixé sur ce montant. Graphies courantes : mezouza, mezouzah, mezuzah, mézouza.

Le boîtier en bois, en métal ou en verre n’est qu’une protection. La mitsva, c’est le parchemin (klaf). Un boîtier vide, même beau, n’est pas une mezouza.

Que contient une mezouza ?

Le parchemin porte deux paragraphes de la Torah, écrits dans l’ordre sur une seule feuille : le Chema, qui proclame l’unicité de D.ieu et demande d’aimer D.ieu et d’enseigner Ses paroles, puis « Vehaya im chamoa », qui parle de l’engagement dans les mitsvot et de ses conséquences (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 288:1). L’usage est de l’écrire en 22 lignes (288:11). Une seule lettre oubliée ou un paragraphe inversé la rendent invalide (288:3).

Il est interdit d’ajouter quoi que ce soit à l’intérieur. Au dos, on écrit un des Noms divins, de trois lettres, que l’on voit souvent à travers une petite fenêtre du boîtier (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 288:15).

Pourquoi mettre une mezouza ?

D’abord parce que c’est un commandement positif de la Torah : écrire ces deux paragraphes et les fixer au montant de la porte (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 285:1). Le Choulhan Aroukh ajoute que celui qui y veille voit ses jours et ceux de ses enfants prolongés, en écho au verset qui suit la mitsva (Devarim 11:21).

Le Talmud y voit aussi une protection. Rabbi Eli’ézer ben Ya’akov enseigne que celui qui a les tefillin, les tsitsit et une mezouza à sa porte est « renforcé de tous côtés pour ne pas fauter » (Mena’hot 43b). Un sage explique qu’on la place du côté de la rue « pour qu’elle garde » la maison (Mena’hot 33b). Mais la mezouza n’est pas une amulette : sa valeur vient de la mitsva et du texte qu’elle porte.

Pourquoi embrasse-t-on la mezouza ?

Le Talmud raconte qu’Onkelos, un Romain converti, fut emmené par des soldats envoyés par l’empereur. En chemin, il vit une mezouza à une porte, posa la main dessus et leur expliqua : un roi humain reste à l’intérieur et ses serviteurs le gardent dehors ; D.ieu, Lui, laisse Ses serviteurs à l’intérieur et les garde de l’extérieur, comme il est dit « Il gardera ta sortie et ton entrée, dès maintenant et pour toujours » (Avoda Zara 11a ; Tehilim 121:8).

Le Rema en tire l’usage de poser la main sur la mezouza en sortant et en entrant, et de dire ce verset en sortant (Rema, Yoré Dé’a 285:2).

Comment embrasser la mezouza ?

Selon l’usage répandu, on touche la mezouza du bout des doigts, puis on embrasse ses doigts. On le fait en entrant et en sortant, sans que ce soit une obligation. C’est un geste d’affection pour la mitsva, qui rappelle à chaque passage que la maison est placée sous la protection de D.ieu.

Où et comment la poser ?

On la fixe sur le montant droit en entrant dans la pièce, que l’on soit droitier ou gaucher ; à gauche, elle n’est pas valable. On la place au début du tiers supérieur de la hauteur de la porte, à au moins un téfa’h (largeur d’une main) du linteau, du côté extérieur de l’encadrement (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 289:2). On récite la bénédiction au moment de la fixer ; une seule bénédiction suffit pour plusieurs mezouzot posées à la suite (289:1 et Rema).

Le Choulhan Aroukh demande de la placer verticalement. Le Rema rapporte une autre opinion qui la veut horizontale, et l’usage de la poser inclinée, le haut vers l’intérieur de la pièce, pour satisfaire les deux avis (289:6). En général, les séfarades la posent droite et les ashkénazes inclinée.

Toutes les portes des pièces d’habitation sont concernées (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 286:1). Les toilettes et la salle de bains en sont dispensées, car ce ne sont pas des lieux de séjour honorables (Yoma 11a ; Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 286:4). Un locataire hors d’Israël est dispensé de mezouza pendant trente jours (286:22) ; en quittant un logement loué à un juif, il n’emporte pas les mezouzot (291:2). Pour les cas particuliers, on demande au rabbin.

« J’ai une mezouza à la maison » : que faire ?

Si elle est déjà fixée, il faut la faire vérifier : une mezouza privée se contrôle deux fois tous les sept ans (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 291:1), car l’encre peut s’effacer ou le parchemin s’abîmer. Si vous avez un boîtier sans savoir ce qu’il contient, ouvrez-le ou faites-le ouvrir : certains ne contiennent qu’un papier imprimé, qui n’a pas la valeur d’une mezouza. Achetez les parchemins auprès d’un scribe ou d’un revendeur reconnu, et faites-les vérifier.

Un pendentif mezouza a-t-il la valeur d’une mezouza ?

Non. La mitsva consiste à fixer le parchemin sur le montant de la porte (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 285:1). Un pendentif en forme de mezouza est un bijou qui exprime un attachement au judaïsme. S’il contient un vrai parchemin, on demande au rabbin comment le porter avec le respect qu’on doit à un texte de la Torah.

Questions fréquentes

Quelle est la signification de la mezouza ?

Le mot veut dire « montant de porte ». Le parchemin qu’on y fixe porte le Chema Israël et rappelle l’unicité de D.ieu à chaque entrée et sortie (Devarim 6:4-9).

Pourquoi mettre une mezouza ?

C’est un commandement de la Torah (Devarim 6:9 ; Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 285:1). Le Talmud la compte parmi les mitsvot qui entourent le juif et le protègent de la faute (Mena’hot 43b).

Comment embrasser la mezouza ?

On la touche du bout des doigts puis on embrasse ses doigts, en entrant et en sortant. Le Rema mentionne l’usage de poser la main sur la mezouza (Yoré Dé’a 285:2).

Où se place une mezouza ?

Sur le montant droit en entrant, au début du tiers supérieur de la porte (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 289:2).

Faut-il une mezouza à chaque porte ?

Oui pour les pièces d’habitation, non pour les toilettes et la salle de bains (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 286:4). Pour les couloirs, garages ou caves, demander au rabbin.

Combien de fois faut-il vérifier une mezouza ?

Deux fois tous les sept ans pour une mezouza privée (Choulhan Aroukh, Yoré Dé’a 291:1), et à chaque fois qu’on a un doute sur son état.

Mis à jour le 29 septembre 2026.

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Règles et usages cités avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.

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