Prière de Hanouka : les bénédictions de l’allumage
La prière de Hanouka, ce sont d’abord les bénédictions dites juste avant d’allumer la hanoukia : deux chaque soir, et une troisième, Chéhé’héyanou, le premier soir seulement (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 676:1-2). On dit ensuite Hanérot halalou, puis on chante, selon les familles, Maoz Tsour.
L’allumage pas à pas
- Disposer les lumières du soir en ligne droite, à la même hauteur, pas en cercle (Rema, Ora’h ’Haïm 671:4), le chamach un peu plus haut que les autres (Rema, Ora’h ’Haïm 673:1).
- Allumer le chamach, la lumière qui sert à allumer les autres.
- Dire toutes les bénédictions avant de commencer à allumer (Rema, Ora’h ’Haïm 676:2).
- Allumer d’abord la lumière ajoutée ce soir-là, la plus à gauche, puis continuer vers la droite (Ora’h ’Haïm 676:5).
- Dire Hanérot halalou (Ora’h ’Haïm 676:4), puis les chants d’usage.
Le texte hébreu des bénédictions
Texte du sidour ashkénaze Daat (domaine public, via Sefaria), le Nom divin tel qu’il y est écrit. Le mot entre parenthèses est imprimé en petits caractères dans ce sidour : certains le disent, d’autres non.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר (שֶׁל) חֲנֻכָּה.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם שֶׁעָשָׂה נִסִּים לַאֲבוֹתֵינוּ בַּיָּמִים הָהֵם בַּזְּמַן הַזֶּה.
Le premier soir seulement, on ajoute :
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם שֶׁהֶחֱיָנוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה.
Texte : Siddur Ashkenaz, Daat, domaine public, via Sefaria.
Phonétique et traduction
Chaque bénédiction s’ouvre par la même formule : « Baroukh ata », « Béni sois-Tu », suivi du Nom divin, de « notre D.ieu » et de « Roi du monde » (mélekh haolam). Nous ne transcrivons pas le Nom : on le prononce seulement en disant la bénédiction elle-même. Viennent ensuite les fins propres à chaque bénédiction :
- « acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik ner (chel) Hanouka » : qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière de Hanouka.
- « chéassa nissim laavoténou bayamim hahem bazmane hazé » : qui a fait des miracles pour nos pères, en ces jours-là, à cette époque-ci.
- Le premier soir : « chéhé’héyanou vekiyemanou vehiguiyanou lazmane hazé » : qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce moment.
« Ner Hanouka » ou « ner chel Hanouka » ?
Le Talmud cite la bénédiction avec « ner chel Hanouka » (Chabbat 23a), le Choulhan Aroukh écrit « lehadlik ner Hanouka » (Ora’h ’Haïm 676:1). Le sidour séfarade Edot Hamizra’h dit « lehadlik ner Hanouka » ; le sidour ashkénaze Daat imprime « chel » en petits caractères. Suivez le sidour de votre communauté : les deux formes sont des textes reçus.
Une question revient : où D.ieu a-t-Il « ordonné » d’allumer, puisque Hanouka est postérieure à la Torah ? Selon Rav Avia, du verset « tu ne t’écarteras pas » de ce que les Sages enseignent (Deutéronome 17:11) ; Rav Ne’hemia cite un autre verset, « interroge ton père et il te le dira » (Deutéronome 32:7 ; Chabbat 23a).
Hanérot halalou : ce qu’on dit après l’allumage
Après l’allumage, on dit Hanérot halalou, « ces lumières » (Ora’h ’Haïm 676:4). Le texte rappelle qu’on les allume pour les miracles et les délivrances accomplis pour nos pères, qu’elles sont saintes pendant les huit jours, et qu’on n’a pas le droit de s’en servir, seulement de les regarder, pour remercier. D’où la règle : on ne lit pas et on ne compte pas son argent à leur lumière (Ora’h ’Haïm 673:1).
Le Choulhan Aroukh le place « après avoir allumé » ; le sidour Edot Hamizra’h indique de le dire une fois la première lumière allumée. Chacun suit l’usage de son sidour et de sa communauté.
Qui allume et à quel moment ?
Le minimum fixé par le Talmud est une lumière par foyer chaque soir (Chabbat 21b). Le Choulhan Aroukh retient l’usage d’ajouter une lumière chaque soir, et précise qu’on n’en allume pas davantage même si la maison compte beaucoup de membres. Le Rema rapporte l’usage répandu où chaque membre de la famille allume sa propre hanoukia, chacun à une place distincte (Ora’h ’Haïm 671:2 et Rema ; Rema, 671:7). En pratique, les séfarades suivent en général le Choulhan Aroukh et les ashkénazes le Rema.
Les femmes sont tenues d’allumer, « car elles aussi ont été concernées par le miracle » (Chabbat 23a ; Ora’h ’Haïm 675:3). Selon le Rema, là où chacun allume, un enfant en âge d’éducation allume lui aussi (Rema, Ora’h ’Haïm 675:3). L’invité qui n’a personne pour allumer chez lui participe aux frais de l’huile de son hôte (Ora’h ’Haïm 677:1).
Le moment est la fin du coucher du soleil (Ora’h ’Haïm 672:1), et les usages varient entre le coucher et la tombée de la nuit : demandez à votre rabbin. Le vendredi, on allume la hanoukia avant les bougies de Chabbat (Ora’h ’Haïm 679:1). Les dates et horaires de l’année sont sur la page Hanouka.
Pourquoi huit lumières, et une neuvième ?
Quand les Grecs entrèrent dans le Temple, ils rendirent impure toute l’huile. Les Hasmonéens vainqueurs ne trouvèrent qu’une fiole scellée par le grand prêtre, de quoi allumer un seul jour ; elle brûla huit jours (Chabbat 21b). On allume donc une lumière le premier soir et on en ajoute une chaque soir jusqu’à huit, selon l’avis de Beit Hillel ; l’une des raisons données est qu’en matière de sainteté on monte et on ne descend pas (Chabbat 21b ; Ora’h ’Haïm 671:2).
La neuvième, le chamach, n’est pas une lumière de la mitsva. Le Choulhan Aroukh parle d’une lumière supplémentaire placée un peu à l’écart ; le Rema, du chamach qui a servi à allumer, fait plus haut que les autres, pour qu’un éventuel usage de la lumière se fasse à la sienne (Ora’h ’Haïm 673:1).
Maoz Tsour et les autres chants
Maoz Tsour est un poème dont les premières lettres des cinq premières strophes forment le nom Mordekhaï ; le sidour Edot Hamizra’h note en tête du chant la signature « Mordekhaï ’hazak ». Il figure dans le sidour ashkénaze comme dans le sidour Edot Hamizra’h. Ce dernier ajoute aussi le psaume 30, « Mizmor chir ’hanoukat habayit ».
Pendant les huit jours, on ajoute Al hanissim dans la Amida et dans le Birkat Hamazone (Ora’h ’Haïm 682:1).
Questions fréquentes
Comment allumer les bougies de Hanouka ?
On dit les bénédictions, puis on allume en commençant par la lumière ajoutée ce soir-là, la plus à gauche, et on continue vers la droite (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 676:5).
Qui allume les bougies de Hanouka ?
Chaque foyer, hommes et femmes compris (Ora’h ’Haïm 675:3). Selon l’usage ashkénaze rapporté par le Rema, chaque membre de la famille allume sa propre hanoukia (Rema, Ora’h ’Haïm 671:2).
Pourquoi 8 bougies à Hanouka ?
Parce que la fiole d’huile trouvée au Temple, prévue pour un jour, a brûlé huit jours (Chabbat 21b). La neuvième, le chamach, sert à allumer les autres.
Combien de bénédictions dit-on ?
Trois le premier soir, deux les soirs suivants (Ora’h ’Haïm 676:1-2).
J’ai oublié Chéhé’héyanou le premier soir : que faire ?
On le dit le soir suivant, ou dès qu’on s’en souvient pendant la fête (Ora’h ’Haïm 676:1).
Existe-t-il une prière de Hanouka en phonétique ou en PDF ?
La phonétique des bénédictions est donnée plus haut, sans le Nom divin. Le texte complet figure dans tout sidour, à la section Hanouka.
Mis à jour le 29 septembre 2026.
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Règles et usages cités avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.



