Hanouka, c’est quoi ? Histoire et sens de la fête
Hanouka (Hanoucca, Chanukah) est une fête juive de huit jours qui commence le 25 du mois de Kislev. Elle rappelle la victoire des Hasmonéens sur la domination grecque, la purification du Temple de Jérusalem et le miracle de la fiole d’huile qui a brûlé huit jours au lieu d’un (Talmud, Chabbat 21b). On la célèbre en allumant chaque soir une lumière de plus sur la hanoukia.
Hanouka en bref
- Durée : huit jours à partir du 25 Kislev (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 670:1). Les dates de l’année sont sur le calendrier des fêtes.
- Geste central : l’allumage des lumières chaque soir, une le premier soir, huit le dernier (671:2).
- Prière : Hallel complet et passage « Al Hanissim » pendant les huit jours (682:1 ; 683:1).
- Travail : permis, ce n’est pas un jour chômé (670:1).
- Deuil : pas d’oraison funèbre ni de jeûne (670:1).
Que veut dire le mot Hanouka ?
Hanouka signifie « inauguration » ou « dédicace ». Le nom renvoie à la nouvelle dédicace de l’autel du Temple après sa profanation. Le premier livre des Maccabées parle déjà de « la dédicace de l’autel » fêtée huit jours (1 Maccabées 4), et le Rema rapporte un avis selon lequel multiplier les repas pendant ces jours a une part de mitsva, parce que c’est alors qu’eut lieu « ’hanoukat hamizbéa’h », la dédicace de l’autel (Rema sur Ora’h ’Haïm 670:2).
Hanouka n’est donc pas une personne : c’est le nom de la fête. On l’appelle aussi « fête des lumières » à cause de l’allumage.
Quelle est l’histoire de Hanouka ?
Au IIe siècle avant l’ère commune, la Judée est sous domination grecque séleucide. Le roi Antiochus impose ses lois : les sacrifices du Temple sont interdits, le Chabbat et les fêtes doivent être profanés, la circoncision est proscrite, et quiconque refuse est menacé de mort (1 Maccabées 1:41-50).
Une révolte menée par la famille des Hasmonéens, avec Yehouda Maccabi (Judas Maccabée) et ses frères, reprend Jérusalem. Ils purifient le Sanctuaire, construisent un nouvel autel et rallument le candélabre. Le Temple est réinauguré le 25 Kislev, et Yehouda et ses frères décident que ces jours seront fêtés chaque année pendant huit jours (1 Maccabées 4:36-59 ; 2 Maccabées 10:1-8).
Les livres des Maccabées ne font pas partie de la Bible hébraïque. On les cite ici comme source historique. La loi et le sens de la fête, eux, viennent du Talmud et des codes.
Quel est le miracle de Hanouka ?
Le Talmud pose la question « Qu’est-ce que Hanouka ? » et répond : quand les Grecs sont entrés dans le Sanctuaire, ils ont rendu impures toutes les huiles. Après la victoire des Hasmonéens, on n’a trouvé qu’une seule fiole d’huile encore scellée du sceau du grand-prêtre, de quoi allumer un seul jour. Un miracle s’est produit : elle a brûlé huit jours. L’année suivante, les Sages ont fixé ces jours comme des jours de fête, avec le Hallel et des paroles de remerciement (Chabbat 21b).
La prière rappelle aussi la délivrance militaire. Pendant les huit jours, on ajoute « Al Hanissim » (« pour les miracles ») dans la Amida et dans le Birkat Hamazone (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 682:1). Pour qui l’a oublié dans le Birkat Hamazone, le Rema propose une formule de remplacement qui évoque « les jours de Matityahou » (Rema sur 682:1).
Pourquoi allume-t-on la hanoukia ?
L’allumage rappelle le miracle de l’huile et le fait connaître. Le Talmud décrit trois niveaux : une lumière par foyer chaque soir, une lumière par personne, et, pour les plus scrupuleux, un nombre qui augmente chaque soir selon l’avis de Beit Hillel (Chabbat 21b). C’est la pratique retenue : une lumière le premier soir, puis une de plus chaque soir jusqu’à huit (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 671:2).
Les usages diffèrent sur un point. Le Choulhan Aroukh indique qu’on n’allume pas plus d’un chandelier par foyer ; le Rema rapporte l’usage ashkénaze répandu où chaque membre de la maison allume (Ora’h ’Haïm 671:2). Pour votre famille, suivez l’usage de votre communauté ou demandez à votre rabbin.
La hanoukia se place à l’entrée qui donne sur la rue, à gauche de la porte pour que la mezouza soit à droite ; celui qui habite à l’étage la met à une fenêtre qui donne sur la rue (671:5 et 671:7). Le Rema note qu’à son époque on allumait à l’intérieur, tout en gardant l’usage de placer les lumières près de la porte (671:7). On allume à la fin du coucher du soleil (672:1) : les heures de votre ville figurent sur la page Hanouka. Le premier soir, on dit trois bénédictions, les soirs suivants deux (676:1-2).
Quel est le sens profond de Hanouka ?
Les sources mettent en avant trois idées.
- La fidélité : les décrets d’Antiochus visaient le Chabbat, les fêtes, la circoncision et le culte du Temple (1 Maccabées 1). Hanouka célèbre le droit de vivre selon la Torah.
- La reconnaissance : les Sages ont institué la fête « avec Hallel et remerciement » (Chabbat 21b). On chante le Hallel complet les huit jours (Ora’h ’Haïm 683:1).
- La lumière qui se montre : on ne se sert pas de la lumière de Hanouka pour s’éclairer (Chabbat 21b), elle sert seulement à rappeler le miracle. Même un pauvre qui vit de la charité doit emprunter ou vendre un vêtement pour acheter de l’huile (Ora’h ’Haïm 671:1).
Que fait-on pendant les huit jours ?
Hanouka n’interdit pas le travail. Les femmes ont l’usage de ne pas travailler tant que les lumières brûlent (Ora’h ’Haïm 670:1). Les repas festifs sont permis mais ne sont pas obligatoires ; le Rema note qu’ils deviennent des repas de mitsva quand on y chante des louanges, et rapporte un avis selon lequel on mange du fromage, en souvenir de Yehoudit (Rema sur 670:2).
Selon l’usage répandu, on mange aussi des aliments frits dans l’huile, comme les beignets, en rappel du miracle. Le Chabbat de Hanouka a une haftara propre. On ne dit pas les supplications (Ta’hanoun) pendant les huit jours (Rema sur 683:1).
Hanouka est-elle une grande fête ?
Hanouka est une fête instituée par les Sages, comme Pourim : elle n’est pas prescrite dans les cinq livres de la Torah. Contrairement à Chabbat ou à Pessah, le travail y est permis (670:1). Son poids vient des obligations qu’elle comporte : l’allumage, le Hallel et Al Hanissim. Pour situer Hanouka parmi les autres fêtes, voir la page des fêtes juives.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Hanouka ?
C’est une fête juive de huit jours, à partir du 25 Kislev, qui rappelle la réinauguration du Temple et le miracle de la fiole d’huile (Chabbat 21b).
Qui est Hanouka ?
Ce n’est pas une personne. Le mot signifie « inauguration » et désigne la dédicace de l’autel du Temple (Rema sur Ora’h ’Haïm 670:2).
Pourquoi Hanouka dure-t-elle huit jours ?
Parce que la seule fiole d’huile pure, prévue pour un jour, a brûlé huit jours (Chabbat 21b). Le premier livre des Maccabées parle aussi de huit jours de dédicace de l’autel (1 Maccabées 4:56).
Quel est le miracle de Hanouka ?
Deux choses sont célébrées : la victoire des Hasmonéens, rappelée dans Al Hanissim, et l’huile qui a duré huit jours (Chabbat 21b ; Ora’h ’Haïm 682:1).
Peut-on travailler pendant Hanouka ?
Oui. Les jours de Hanouka sont permis au travail ; seuls l’oraison funèbre et le jeûne y sont interdits (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 670:1).
Quand tombe Hanouka cette année ?
Hanouka commence le 25 Kislev du calendrier hébraïque. La date civile change chaque année : consultez le calendrier des fêtes.
Mis à jour le 29 septembre 2026.
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Règles et usages cités avec leur source, lue dans le texte. Les usages varient : en cas de doute, demandez à votre rabbin. Signaler une erreur.



